« La Vie d’Adèle » : la justice annule le visa d’exploitation en raison des scènes de sexe

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La Cour administrative d’appel de Paris a donné raison à une association proche des milieux catholiques traditionalistes.

Cachez ces seins qu’ils ne sauraient voir ! La justice a donné raison à Promouvoir, une association proche des milieux catholiques traditionalistes, en annulant le visa d’exploitation du film La Vie d’Adèle en raison des « scènes de sexe réalistes » du film « de nature à heurter la sensibilité du jeune public ». La Palme d’or 2013 était interdite en salle aux moins de 12 ans avec avertissement. Après cette décision de la justice,La Vie d’Adèle ne peut plus être exploité au cinéma.

Fleur Pellerin, la ministre de la Culture devra « procéder au réexamen de la demande de visa » du film d’Abdellatif Kechiche, dans un « délai de deux mois », indique la Cour administrative d’appel de Paris dans sa décision rendue publique mercredi.

Le ministère de la Culture a immédiatement annoncé son intention d’introduire un recours devant le Conseil d’Etat.

Selon la cour, Aurélie Filippetti, ministre de la Culture à l’époque, « ne pouvait, sans commettre d’erreur d’appréciation » au regard de la loi, « accorder un visa d’exploitation comportant une interdiction limitée aux mineurs de 12 ans », assortie de messages d’avertissement.

«A croire que l’atteinte aux bonnes mœurs a fait son retour dans notre société contemporaine»

La société civile des auteurs, réalisateurs et producteurs, ARP, a fait part de sa « stupeur » dans un communiqué. Selon l’association dont Claude Lelouch est le président d’honneur, la cour administrative a « donn[é] raison aux arguments honteux d’une association résolument obscurantiste. A croire que l’atteinte aux bonnes mœurs a fait son retour dans notre société contemporaine. »

« Le sort aujourd’hui réservé par la justice à La vie d’Adèle, d’Abdellatif Kechiche, montre bien que la question dépasse celle de l’articulation, automatique ou non, entre les interdictions des films aux moins de 16 et 18 ans », poursuit le communiqué appelant à repenser en profondeur le système de classification des films.

Le film, adapté du roman graphique de Julie Maroh Le Bleu est une couleur chaude, montre des relations sexuelles lesbiennes.

Cet été, Promouvoir avait saisi la justice au sujet du film Love de Gaspar Noé et avait obtenu qu’il soit interdit aux moins de 18 ans. L’association liée aux catholiques traditionalistes s’en était auparavant pris au film d’horreur Saw 3D et à Nymphomaniac.

Source : 20minutes.fr