« L’homosexualité est une abomination » : Christine Boutin condamnée

Christine_Boutin_-_mars_2013.jpg

Christine Boutin.

L’ancienne ministre a été condamnée à 5 000 euros d’amende pour ses propos homophobes.

C’est un verdict qui était très attendu, ce vendredi, par la communauté homosexuelle : celui du procès de Christine Boutin, pasonaria de la lutte contre le Pacs et le mariage pour tous, poursuivie pour « provocation à la haine ou à la violence à l’égard d’un groupe de personnes à raison de leur orientation sexuelle ». Il vient d’être rendu par le tribunal correctionnel de Paris : la conseillère départementale du canton de Rambouillet a été condamnée à 5 000 euros d’amende. Elle devra également verser 2 000 euros à chacune des associations qui s’étaient constituées parties civiles.

Lors d’une interview-fleuve accordée au magazine politique « Charles », en 2014, l’ancienne ministre du Logement de Nicolas Sarkozy déclarait, en mettant sa foi chrétienne en avant : « Je n’ai jamais condamné un homosexuel. L’homosexualité est une abomination. Mais pas la personne. Le péché n’est jamais acceptable, mais le pécheur est toujours pardonné […] J’ai des amis homosexuels […] Ils sont pécheurs comme je le suis, on est tous pécheurs. Je suis dans le péché, moi aussi, je suis une pécheresse, mais vous ne me verrez jamais faire l’apologie d’un péché ». 

Ses propos indignes et blessants pour l’ensemble de la communauté homosexuelle avaient été condamnés par l’ensemble de la classe politique française, à droite comme à gauche.

Le 23 octobre dernier, Christine Boutin comparaissait devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris pour « provocation à la haine ou à la violence à l’égard d’un groupe de personnes à raison de leur orientation sexuelle ». La circonstance aggravante de l’homophobie n’a pas été retenue. Elle risquait jusqu’à un an de prison ferme et 45 000 euros d’amende.

Lors de l’audience, Christine Boutin avait tenus des propos particulièrement maladroits. Pour se défendre de toute accusation d’homophobie, elle avait déclaré, sans se démonter : « J’ai non seulement des amis, mais aussi des collaborateurs homosexuels ». Un argument (sic) qui ne trompe pourtant plus personne… On se souvient de Nadine Morano, essayant de convaincre qu’elle n’était pas raciste, qui évoquait sa meilleure amie « plus noire qu’une Arabe ».

Le procureur général avait demandé que la présidente d’honneur du Parti chrétien-démocrate soit condamnée à une amende de 3 000 euros, écartant toute peine d’emprisonnement ferme ou avec sursis. Le jugement avait été mis en délibéré.

La justice a été rendue au nom du peuple français. Christine Boutin, très proche de la Manif pour tous, ne fait que récolter les fruits amers de la haine qu’elle sème depuis plusieurs décennies à l’égard des homosexuels. On ne peut que s’en réjouir. L’homophobie est un délit, on ne le répétera jamais assez.

Cette condamnation est un grand soulagement pour la communauté homosexuelle qui souffre encore de l’homophobie décomplexée qui a été affichée pendant les débats sur le mariage. Christine Boutin ne pourra plus jamais affirmer qu’elle est pas homophobe, comme elle le faisait assez régulièrement. Elle peut toujours faire appel, bien entendu. Mais la portée symbolique de sa condamnation restera toujours ancrée dans la mémoire collective.

https://twitter.com/JeromeBubon/status/677850521206681600

[Mise à jour]

Sur Twitter, Christine Boutin a fait part de sa décision de faire appel de sa condamnation.

Giuseppe Di Bella