SÉNÉGAL. Les 11 gays arrêtés lors de la célébration d’un mariage ont été déférés devant la justice

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Lors de leur transfert vers le parquet, la police a appelé des renforts pour disperser l’importante foule qui voulait les lyncher et les brûler.

La semaine dernière, onze homosexuels présumés étaient arrêtés à Kaolack, une ville du Sénégal située à 200 kilomètres de Dakar, par les forces de l’ordre pendant la célébration d’un mariage clandestin qui devait unir deux d’entre eux.

Ce lundi, les onze personnes – quatre tailleurs, un enseignant, un délégué médical, un boucher et quatre étudiants – qui étaient en garde-à-vue au commissariat central de police de Kaolack ont été transférés au palais de justice de la ville, pour être déférés devant le procureur de la République. Ils sont désormais placés en détention, dans un lieu tenu secret, pour « homosexualité présumée ».

Une foule impressionnante se trouvait aux abords du commissariat de police lors de leur transfert. Des renforts de police ont été appelés car la situation était particulièrement tendue. Les badauds voulaient lyncher et brûler les onze homosexuels présumés. Ils avaient mis le feu à des pneus.

Plus d’une trentaine d’autres participants à ce mariage clandestin sont actuellement activement recherchés par les autorités sénégalaises qui font preuve d’un zèle plutôt démesuré dans cette affaire.

La presse sénégalaise n’hésite pas à faire preuve d’une homophobie virulente à l’égard des onze personnes arrêtées et placées en détention. Le quotidien « La Tribune », n’hésite pas à parler de « djihad contre les bras cassés ». Quant au journal « L’Observateur », il évoque les « 11 pédés de Kaolack ».

Le Sénégal est un pays francophone d’Afrique de l’Ouest, dont la population est majoritairement musulmane. L’homosexualité est fortement punie par le Code pénal : une peine d’emprisonnement ferme de à cinq ans, ainsi que le paiement d’une forte amende.

Giuseppe Di Bella