SÉNÉGAL. Les onze homosexuels présumés ont été libérés, faute de preuves

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Après avoir échappé de peu à un lynchage lors de leur transfert au tribunal, les onze hommes sont désormais libres.

L’affaire avait fait grand bruit au Sénégal et au-delà de ses frontières. Onze hommes avaient été arrêtées, la semaine dernière, pour « homosexualité présumée » alors que, selon les sources policières, ils s’apprêtaient à célébrer le mariage de deux d’entre eux dans un lycée de Kaolack, une ville située à 200 kilomètres de Dakar.

Ce lundi, lors de leur transfert devant la justice, les autorités policières de Kaolack avaient fait appel à des renforts pour éviter qu’ils soient lynchés et brûlés par la foule surexcitée qui se trouvait aux abords du commissariat central. Des policiers ont été contraints de faire usage de gaz lacrymogène.

Ce mardi, les onze homosexuels présumés ont été remis en liberté par le procureur qui a « estimé qu’il n’y a pas suffisamment de preuves contre eux ».

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Baye Mamoune Niass, guide religieux.

Baye Mamoune Niass, un guide religieux de Kaolack, s’est indigné de la remise en liberté, faute de preuves, des onze homosexuels présumés arrêtés la semaine dernière : « En tant que musulmans, en tant que Kaolackois, nous dénonçons la libération de ces personnes arrêtées suite à des pratiques interdites par l’islam, à des pratiques contraires aux valeurs de l’islam et de nos croyances. […] Le Sénégal est un pays de religions avec une forte composante de musulmans. Notre religion ne cautionne pas de telles pratiques. Donc, nous allons nous battre contre de telles pratiques qui offensent la moralité et l’intégrité de notre communauté ».

Au Sénégal, pays francophone d’Afrique de l’Ouest dont la population est majoritairement musulmane, l’homosexualité – que le Code pénal qualifie « d’acte impudique ou contre nature » – est punie de un à cinq ans de prison ferme et du paiement d’une lourde amende.

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Macky Sall, président de la République du Sénégal.

En octobre dernier, Macky Sall, président de la République du Sénégal, s’était à nouveau prononcé contre la dépénalisation de l’homosexualité dans son pays, malgré la forte pression internationale. Lors d’une interview accordée à la chaîne française iTélé, il avait déclaré : « Au nom de quoi on doit penser que parce que ailleurs, on pense que l’homosexualité doit être dépénalisée, ça doit être une loi universelle ? Il faut respecter le droit également pour chaque peuple de définir sa propre législation ».

Au nom de quoi peut-on encore condamner des personnes qui ne font rien de mal et qui ont une orientation sexuelle et affective différente ? Au nom de quoi peut-on encore, au XXIe siècle, condamner des êtres humains pour le seul fait qu’ils aiment des personnes de leur sexe ? Aimer n’est pas un crime !

Dans près de 80 pays du monde, l’homosexualité est punie de lourdes peines de prison et même de peine de mort. Ne l’oublions pas !

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Giuseppe Di Bella