L’Église catholique du Malawi exige que les homosexuels soient à nouveau emprisonnés

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La Conférence Episcopale du Malawi, en janvier 2016.

Les prélats malawiens demandent au gouvernement de mettre fin à son moratoire sur les poursuites judiciaires contre les homosexuels.

Les évêques catholiques du Malawi, un pays d’Afrique australe de 15 millions d’habitants, ont demandé publiquement et officiellement au gouvernement de mettre fin au moratoire, en vigueur depuis 2012, qui suspend les poursuites judiciaires contre les personnes homosexuelles.

Dans une lettre pastorale commune, ils exigent que la loi soit à nouveau appliquée et que les homosexuels soient poursuivis en justice et condamnés, afin de purger une peine de prison : « Le gouvernement a courbé l’échine face à la pression de la communauté des donateurs, des organismes internationaux et des militants locaux des droits humains. En tant que pasteurs, nous trouvons ce chemin très malheureux. Il s’agit un acte de trahison de la part de ceux au pouvoir de vendre notre pays aux pratiques étrangères et tendances contraires à la volonté de Dieu à cause de l’argent ».

Les évêques malawiens affirment qu’être homosexuel est « désordonné » mais que ce n’est pas un péché, contrairement à « l’acte homosexuel ». Il condamnent « ceux qui incitent à la violence contre les homosexuels et les personnes coupables d’actes ou d’unions homosexuelles ». Un discours particulièrement hypocrite qui se réfère au Catéchisme de l’Église catholique (CEC) publié en 1992.

Les catholiques représentent environ un cinquième de la population du Malawi.

Le Malawi dispose d’une des lois les plus répressives au monde vis-à-vis des homosexuels. Ils peuvent écoper d’une peine jusqu’à 14 ans de prison ferme et de travaux forcés.

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Joyce Banda, présidente de la République du Malawi de 2012 à 2014.

Depuis 2012, la loi n’est plus appliquée en raison d’un moratoire, le temps que la Haute Cour rende sa décision (qui tarde à venir). Joyce Banda, la présidente de la République du Malawi de l’époque, avait annoncé son intention de supprimer toutes les lois homophobes en vigueur dans son pays.

Giuseppe Di Bella

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