Une pétition lancée pour définir le mariage comme hétérosexuel dans l’Union européenne

LudoLaRochère

Ludovine de La Rochère, 45 ans, présidente de la Manif pour tous.

Elle est portée par plusieurs associations conservatrices, dont la Manif pour tous présidée par la « catho-tradi » Ludovine de La Rochère.

Une pétition a été lancée au début de ce mois d’avril pour inscrire une définition hétérosexuelle du mariage dans la législation européenne, ont annoncé ce lundi des associations portant le projet, dont la Manif pour tous, très hostile au mariage homosexuel voté et promulgué en France en 2013.

Cette initiative citoyenne nommée « Mum, dad and kids » (Maman, papa et les enfants), qui définit le mariage comme « l’union stable d’un homme et d’une femme » et la famille comme étant « fondée sur le mariage et/ou la descendance », doit réunir « un million de signataires » pour que la Commission européenne soit tenue de s’en saisir, a expliqué Ludovine de La Rochère, présidente de la Manif pour tous, lors d’une conférence de presse.

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Plus de 13 700 signatures

« Je n’ai pas d’inquiétude sur les capacités du mouvement à atteindre ce nombre et je pense que nous irons même très au-delà », a estimé Ludovine Dutheil de La Rochère, née Mégret d’Étigny de Sérilly, dont le mouvement a été en pointe en 2013 dans la lutte contre le mariage pour tous en France, lorsque Frigide Barjot était son égérie. Ce lundi soir, plus de 13 700 personnes ont signé la pétition en ligne.

Les questions sociétales liées au mariage ou à la famille relèvent, dans l’Union européenne, de la souveraineté des États-membres. Mais de plus en plus de « mésusages transfrontaliers », d’« abus de droits », se produisent, liés à la libre circulation des individus, assure Jean-Marie Andrès, président de la Confédération nationale des associations familiales catholiques.

Coincer les États

« Aujourd’hui, par le biais de la législation européenne, on va faire des PMA (Procréations médicalement assistées) hors de France (Ndlr : où elles sont interdites) pour derrière imposer une situation à la France », qui reconnaîtra l’enfant, a-t-il poursuivi à titre d’exemple.

En clarifiant la législation sur le mariage, dont la finalité est de « fonder une famille », les États-membres qui disent que « le mariage, c’est nécessairement homme-femme », se verraient donc « confortés, sécurisés dans leur droit à maintenir le mariage comme tel », a commenté Ludovine de La Rochère.

Aucune position commune dans l’Union européenne

À l’inverse, « pour les États qui ont ouvert le mariage à deux hommes ou deux femmes, ça ne change rien », a-t-elle poursuivi.

Aucune position commune n’existe sur cette thématique dans l’UE. Alors que mariage et union civile sont autorisés entre homosexuels en Suède, au Benelux, en France ou encore en Espagne, des pays comme la Grèce, l’Allemagne ou la Hongrie ne reconnaissent que l’union civile. La Pologne ou la Slovaquie, elles, n’autorisent aucun des deux.

Les législations sur la PMA et la gestation pour autrui (GPA, recours aux mères porteuses) varient aussi fortement au sein de l’Union.

Source : leparisien.fr