SUISSE. Les plaintes contre Mgr Vitus Huonder, évêque de Coire, sont définitivement classées

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Mgr Vitus Huonder, évêque de Coire.

Une association et deux particuliers avaient déposé plainte contre lui pour « incitation au crime ou à la violence », après ses propos homophobes virulents.

Mgr Vitus Huonder, 74 ans, évêque catholique de Coire, une ville suisse qui est le chef-lieu du canton des Grisons et du district de Plessur, ne sera finalement pas inquiété par la justice helvétique pour ses propos homophobes particulièrement virulents.

Lors d’un forum de catholiques allemands à Fulda, à la fin du mois de juillet 2015, l’évêque avait cité des passages de l’Ancien Testament qualifiant d’« abomination » punie par la mort le fait de « coucher » avec des personnes de même sexe. Il justifiait ainsi son rejet de l’homosexualité.

La fédération suisse des gays « Pink Cross » et deux particuliers avaient déposé plainte contre le prélat pour « incitation au crime ou à la violence ». Elles viennent d’être définitivement classées par la justice.

Selon le tribunal cantonal des Grisons, les faits reprochés par les plaignants manquent d’éléments suffisants pour être considérés comme répréhensibles sur le plan pénal. Il estime que les propos de l’évêque de Coire ne dénotaient ni de l’insistance ni de la clarté nécessaires pour être considérés comme une incitation publique à la violence ou au crime.

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Rencontre entre le pape François et Mgr Vitus Huonder au Vatican, en 2014.

Mgr Vitus Huonder est un prélat qui a fait part à de très nombreuses reprises, lors de diverses occasions, de son opinion vis-à-vis de l’homosexualité. Il est réputé ultraconservateur et très vindicatif à l’égard de l’homosexualité.

Au printemps 2011, il a interdit à tous les prêtres de son diocèse de participer à la Gay Pride de Zurich, lors de laquelle est prévue une célébration œcuménique. Cette interdiction, vécue par certains prêtres comme une atteinte à la liberté de mouvement et d’action, a été révoquée au début du mois de mars après que les diocèses suisses aient failli demandé sa révocation.

Durant la même année, en décembre 2011, il s’est exprimé dans l’édition dominicale d’un quotidien germanique zurichois contre l’homoparentalité en évoquant le fait que « ce qui relève du fait ne doit pas absolument être dans l’ordre des choses. Chaque enfant a le droit à une mère et un père. Dans la structure d’un partenariat homosexuel, les enfants sont délibérément privés de ce droit ».

En janvier 2014, il a souligné le fait que les couples homosexuels, mais aussi les couples hétérosexuels vivant en concubinage ainsi que tout couple utilisant des moyens de contraception sont « en état de péché grave » et ne peuvent ainsi recevoir l’Eucharistie. Plus de 2 700 de ses collaborateurs ont manifesté leur désaccord.

Bucheli

Le père Wendelin Bucheli avait béni un couple de femmes en 2015, suscitant la colère de l’évêque de Coire.

Le 8 février 2015, l’abbé Wendelin Bucheli, curé modérateur de la paroisse de Bürglen, dans le canton d’Uri, est démis de son poste par Mgr Vitus Huonder pour avoir béni un couple de femmes.

L’affaire avait pris de l’ampleur et avait été largement médiatisée en Suisse. Mgr Charles Morerod, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg avait rappelé l’abbé Bucheli dans son diocèse le temps que la situation se calme.

Ce dernier avait reçu un soutien très important de la part de ses paroissiens et de plusieurs communautés catholiques et associations LGBT. Très offusqué par la situation, Mgr Vitus Huonder, qui est entré dans une colère noire, a voulu faire défroquer l’abbé Bucheli.

Mgr Charles Morerod et le père Wendelin Bucheli se sont alors rencontrés à Fribourg pour traiter du cas et finalement, en signe d’apaisement, le prêtre s’est engagé formellement à ne plus bénir de couples homosexuels dans le cadre de sa charge presbytérale.