Egypte: Amnesty dénonce un projet de loi criminalisant l’homosexualité

EGYPTE Le texte proposé par plusieurs députés égyptiens prévoit des peines d’un à trois ans d’emprisonnement pour les personnes de même sexe ayant eu des relations sexuelles..

« Un revers pour les droits de l’Homme » en Egypte, s’alarme Amnesty International. L’association dénonce un projet de loi criminalisant l’homosexualité dans le pays, qu’elle qualifie de « profondément discriminatoire ».

Actuellement, le droit égyptien ne pénalise pas l’homosexualité en tant que telle mais les tribunaux utilisent les incriminations de « débauche » ou de « prostitution » pour condamner les homosexuels.

En octobre, plusieurs députés égyptiens ont proposé un texte prévoyant des peines de prison pour les personnes de même sexe ayant eu des relations sexuelles, dans les lieux publics comme privés. Les peines vont d’un à trois ans d’emprisonnement, selon le projet de loi. Les accusés risquent en cas de récidive jusqu’à cinq ans de prison.

Vague de répression contre la communauté homosexuelle

« Ce projet de loi profondément discriminatoire serait un énorme revers pour les droits de l’Homme et un autre coup de grâce porté aux droits sexuels en Egypte », a déclaré Najia Bounaim, directrice des campagnes pour l’Afrique du Nord à Amnesty International.

Une vague de répression contre la communauté homosexuelle a été menée dans le pays ces dernières semaines, après le concert au Caire le 22 septembre du groupe libanais Mashrou’ Leila, connu pour ses positions en faveur de la communauté LGBT. Une partie du public avait alors brandi des drapeaux arc-en-ciel symbole de la communauté LGBT, soulevant la polémique dans les médias et les réseaux sociaux.

Selon des sources sécuritaires, les forces de police ont arrêté 31 personnes depuis le concert. Le nombre de ces arrestations dépasserait 70 selon Amnesty. Le 19 novembre, un tribunal pénal du Caire devra se prononcer sur le sort de 17 personnes accusées de « débauche sexuelle ».

Ni la présidence, ni le gouvernement ne se sont publiquement exprimés sur le sujet. Le Conseil supérieur de régulation des médias, un organisme public, avait toutefois qualifié en septembre l’homosexualité de « maladie honteuse », interdisant aux organes de presse d’en faire la « promotion ».

20minutes.fr